septembre 15th 2008 12:58
Messe du souvenir - 26 ans après l’assassinat de Bachir Gemayel
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| Un immense portrait du président martyr à la place Sassine. Photo: Michel Sayegh |
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| Des partisans FL et Kataëb rassemblés à la place Sassine. |
Mahmoud Harb
Le 26e anniversaire de l’assassinat du président martyr Bachir Gemayel et de ses compagnons a été commémoré hier à Achrafieh. Nadim Gemayel s’est adressé à la foule pour dénoncer le maintien de l’arsenal militaire du Hezbollah.
Plusieurs milliers de militants et de partisans des Kataëb et des Forces libanaises ont répondu hier à l’appel de la famille et des proches de Bachir Gemayel, prenant part à la messe célébrée à l’église de l’Icône miraculeuse, à Achrafieh, à l’occasion du 26e anniversaire de l’assassinat de l’ancien président de la République et chef des FL.
C’est sur une place Sassine bouclée par de strictes mesures de sécurité que les partisans de Bachir Gemayel se sont donné rendez-vous, sous le soleil torride de ce dimanche après-midi. Les haut-parleurs, poussés à fond, vocifèrent des hymnes partisans. Des jeunes et des moins jeunes traversent la place pour se rendre à l’église. Nombreux sont ceux qui brandissent des drapeaux FL ou Kataëb. Quelques drapeaux libanais orphelins sont disséminés ici ou là. Certains, nostalgiques d’une époque révolue, arborent des uniformes de miliciens (bottes militaires, pantalons kakis ou noirs, chemises de la même couleur) sans les armes qui vont habituellement avec, bien heureusement…
Au début de la ruelle menant à l’église, les militants de la Fondation Bachir Gemayel abordent les passants et leur proposent de s’inscrire sur la liste de contacts de l’institution. Devant et dans l’enceinte de l’église de l’Icône miraculeuse, des milliers de jeunes sont amassés, étendards à la main, scandant des slogans. « Seules les FL peuvent protéger Beyrouth-Est », « Hakim, Hakim, Hakim », « Allah, Hakim, FL », «Nous suivrons tes pas Bachir », « Bachir est vivant en nous »…
* * *
L’église de l’Icône miraculeuse est pleine à craquer. Aux premiers rangs, siègent le représentant du président de la République, le ministre de la Justice Ibrahim Najjar, le représentant du président de la Chambre, le député Pierre Daccache, et le représentant du Premier ministre Siniora, le ministre des Déplacés, Raymond Audi. Derrière eux, sur les bancs de la nef, sont assis des ministres, des représentants des différentes parties de la majorité, des responsables FL et Kataëb, des parents et des proches des Gemayel, des partisans. De part et d’autre de la nef, les journalistes sont agglutinés aux côtés des gardes du corps et des organisateurs.
Sous des tonnerres d’applaudissements, l’ancien président Amine Gemayel et son épouse Joyce Gemayel, le responsable Kataëb Sami Gemayel, la députée Solange Gemayel, les enfants de Bachir Gemayel, Nadim et Youmna, et le chef des FL Samir Geagea font successivement leur entrée. L’évêque Roland Abou Jaoudé traverse la nef et se met devant l’autel. Le silence s’installe. La messe commence.
L’homélie
Dans son homélie, l’évêque Abou Jaoudé rend un vibrant hommage à Bachir Gemayel, « martyr de la foi et du Liban », ainsi qu’à l’ensemble de la famille Gemayel, « depuis Pierre 1er jusqu’à Pierre le martyr ». « Le destin du Liban est de vivre grâce au martyre de ses enfants, depuis le temps des campagnes des Mamelouks et jusqu’à la guerre civile, estime le prélat. La solidarité, l’esprit de la réconciliation et la croyance en notre patrie définitive qu’est le Liban a fait défaut aux composantes du pays, pendant les années noires. Le problème aujourd’hui est que les Libanais n’ont pas tiré les leçons adéquates de leurs douleurs passées et n’ont pas appris à résoudre leurs problèmes par le dialogue ».
Une fois la messe achevée, un écran retransmettant les images de la foule en liesse, rassemblée devant l’édifice, est dressé devant l’autel. Nadim Gemayel apparaît sur le perron de l’église. Ses partisans l’acclament et l’applaudissent à tout rompre.
Nadim Gemayel
Le fils du président martyr et vice-président de la section Kataëb d’Achrafieh, pressenti comme candidat à la députation à Beyrouth, prononce le discours de la famille. « Tu es tombé, le jour où la croix s’est dressée, lance-t-il à l’adresse de son père. Tu es notre croix et nous prions tous les jours pour toi, pour tes compagnons ainsi que pour Pierre (Gemayel) et Antoine (Ghanem). Tu resteras le symbole du peuple résistant, de l’existence chrétienne libre, du Liban de demain. »
« Aujourd’hui, les Libanais en général, les chrétiens en particulier, sont divisés, constate Nadim Gemayel. Nous n’avons que deux choix : persévérer dans la haine et la rancune, ou tourner la page. Les chrétiens sont inquiets pour leur présence et nous devons leur fournir des garanties pour leur existence. Il est temps de guérir les blessures, d’arrêter l’émigration et de tirer les leçons du passé, pour que l’histoire ne se répète plus. »
« Vaine est la gloire de celui qui veut imposer sa notoriété au détriment de l’union du Liban et des chrétiens, martèle-t-il. Vaine est la force de celui qui sollicite l’aide de l’étranger contre son peuple. La force des chrétiens est une garantie d’unité pour les musulmans. Le Liban est la patrie du chrétien libre et du musulman libre. »
« Nos martyrs se sont sacrifiés pour la lutte contre la mainmise étrangère sur le Liban. Tout en étant fermement attachés à la réconciliation, nous nous devons de rappeler certaines vérités. Nous mettons en garde, depuis des années, contre les dangers de l’armement illégitime, qu’il soit palestinien ou libanais. La présence d’armes qui échappent à l’autorité de l’État est inadmissible. Avec ses armes, le Hezbollah a attaqué Beyrouth et brisé l’aura de l’armée. La mort du capitaine Samer Hanna, tué par les armes de ce parti, reflète une nouvelle fois les dangers incarnés par l’armement du Hezbollah. Et les propos des responsables iraniens montrent que les armes du parti de Dieu sont sous les ordres du wilayat el-faqih. »
« Nous n’avons pas peur des armes du Hezbollah en tant que tel, affirme également le jeune responsable Kataëb. Les armes ne nous ont fait jamais peur. Nous sommes simplement inquiets pour l’identité et la souveraineté de notre pays. Il est inadmissible que les périmètres de sécurité et les mini-États demeurent en place. Ils nous demandent : « Qui êtes-vous ? Où avez-vous résisté ?”. Qui sommes-nous ? Nous sommes la résistance libanaise qui a combattu l’édification d’un État de substitution pour les Palestiniens au Liban ainsi que l’occupation syrienne de notre pays. »
Et Nadim Gemayel de conclure : « Nous sommes favorables à la réconciliation, car notre but ultime est le bonheur de notre peuple. Certains tentent de ressusciter le passé. Mais l’époque de l’occupation et de la tutelle est révolue. Nous ne dilapiderons pas nos acquis. Unissons-nous, car la patrie a besoin de nous tous. »
À l’issue de la cérémonie, les proches et partisans de Bachir Gemayel se sont rassemblés sur le lieu de son assassinat ainsi que devant le monument érigé à sa mémoire, place Sassine.
Des photos sont consultables en ligne sur le site de la fondation Bachir Gemayel.
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